• Chapitre 3

     

     

    -          Tu vas pas me faire croire que tu n’as toujours pas comprit ! s’énerva Eiji

    -          Je suis désolée ! paniqua t-elle, mais je ne comprends jamais du premier coup en maths !

    -          Bon, on recommence, soupira t-il en reprenant son stylo

    Comme souvent, ils faisaient leurs devoirs ensemble dans une cafétériat.

    Eiji s’était mit à rendre les devoirs maison, et à faire les contrôles.

    De plus, il s’était intégré dans la classe et s’étaient fait beaucoup de copains.

    Tous étaient sidéré par son changement radical d’attitude, surtout ceux qui l’avait connu au collège.

    Autrefois il passait son temps à agresser les garçons, à faire peur à tout le monde et à profiter des filles et depuis cette année, il était devenu discret, au lieu de sortir se battre avec le premier venu pendant les pauses, il allait s’asseoir à côté de Miyako, soit pour discuter, soit pour la regarder réviser un contrôle avec son air paniqué.

    Les professeurs pleuraient de reconnaissance lorsqu’ils croisaient Miyako dans les couloirs, mais celle-ci n’avait jamais compris pourquoi.

    Eiji avait une bonne moyenne, et encore, on voyait qu’il ne se donnait pas à fond, il faisait le minimum, mais ce minimum suffisait pour dire qu’il était un bon élève.

    -          Salut Eiji

    Ils levèrent la tête et Miyako vit une très belle métisse aux longs cheveux blond.

    Elle portait un ensemble moulant, une minijupe et des talons hauts.

    Son maquillage faisait ressortir ses yeux verts et ses lèvres pulpeuses et sa manucure parfaite laissait penser qu’elle se rendait souvent chez l’esthéticienne.

    -          Salut Angie, soupira t-il

    -          Oh, tu n’as pas l’air très content de me voir, minauda t-elle en se penchant vers eux, les coudes contre la table.

    -          C’est pas ça, mais tu vois pas que je ne suis pas seul et que je suis occupé ?

    Cette pose dévoilait son décoleté plongeant, et elle en était très consciente.

    -          Tu ne devais pas me rappeler sans faute, l’année dernière ? dit elle

    -          J’en sais rien, on en rediscutera plus tard si tu le veux bien, je suis occupé là !

    -          Tu apprends à une gamine comment on fait les additions ? se moqua t-elle

    Miyako rougit et Eiji leva vers elle un regard menacant, elle se redressa en levant les bras comme si elle se rendait.

    -          Ok ok, je m’en vais, mais tu ne sais pas ce que tu rate

    Elle s’éloigna et Miyako leva la tête.

    -          Heu…Bon, on reprends ? dit il géné

    -          C’était qui celle là ? demanda t-elle doucement

    -          Rien, une ancienne copine…On reprends ?

    Elle s’en voulait d’être jalouse, c’était un sentiment négatif qui poussait à la haine et elle n’aimait pas détester des gens sans les connaître…

    Ils continuèrent à travailler et pendant qu’elle faisait un nouvel exercice, il se leva

    -          Je vais aux toilettes, j’en ai pour deux minutes, finis l’exercice pendant ce temps, dit il

    Elle hocha la tête et continua en tapotant sur les touches de sa calculette.

    Très vite, elle sentit qu’on se rasseyait à côté d’elle.

    -          Déjà ? dit elle en levant la tête

    Ce n’était pas Eiji.

    C’était la belle jeune femme de tout à l’heure…

    Miyako ne broncha pas, elle l’a regardait dans les yeux en silence.

    -          Nous n’avons pas été présenté, dit elle, je suis Angie Tomoshizu, une des premières amantes de Eiji.

    Miyako ressentit le coup en plein cœur, elle baissa la tête.

          -     Et je suis celle avec qui il est resté le plus longtemps, c’est moi qui lui ai tout appris !

    Miyako serra les poings et les posa sur ses genoux

    -          Pourquoi me dites vous ça ?

    -          Comme ça, minauda t-elle, dis moi, que sais tu de lui ?

    Miyako lui lança un regard interrogateur

    -          Bah répond !

    -          Heu…Bah, je sais qu’il est très intelligent, un peu grognon, surtout quand on le cherche…Qu’il a beaucoup de bonté en lui…

    -          Mis à part ça, que sais tu de lui ?

    Miyako la regarda et haussa les épaules

    -          ça prouve que vous n’êtes pas si proche que ça, dit elle en pouffant, ça me rassures un peu, même si je n’ai rien à craindre d’une gamine.

    Elle continua à rire et se tourna vers elle.

    -          Je suppose que tu ne sais pas qu’il a été abandonné par sa mère ?

    Miyako sursauta et se tourna vivement vers elle, cela l’a fit éclater de rire.

    -          Tu ne savais même pas ça ? C’est trop drôle !

    Elle se mit à rire aux éclats et Eiji arriva à ce moment là.

    Il la regarda d’un air menacant et elle se leva

    -          A plus ! leur lança t-elle en quittant la cafétéria

    Il l’a regarda, furieux et retourna à sa place

    -          Elle t’a embêté ? dit il

    Elle secoua la tête

    -          Menteuse, qu’est ce qu’elle t’a dit ?

    -          Rien du tout, bon, on le continu cet exercice ?

    Elle fit mine de se re-concentrer et il n’insista pas, à son grand soulagement.

    Elle se retenait de pleurer.

    Eiji avait été abandonné ? Rien que d’imaginer le petit garçon pleurer en appelant sa mère lui brisait le cœur. Les larmes lui montèrent aux yeux. Elle les cligna aussitôt et se força à se concentrer.

     

    Elle resta silencieuse pendant le reste de la soirée, et lorsqu’il l’a ramena en moto, elle ne le regarda pas une seule fois et referma la porte derrière elle.

    Elle ne lui en voulait pas, mais elle craignait de ne plus pouvoir contenir ses larmes si jamais elle le regardait en face. Lui, par contre, était persuadé qu’elle lui en voulait.

    Il fixa longuement la porte de sa maison et marmonna :

    -          Et merde…

    Il démarra et partit.

     

    Ce soir là, elle pleura longuement dans son lit, elle avait si mal au cœur pour ce qu’il lui était arrivé, et elle était persuadée que ce n’était pas tout…Il n’y avait pas que l’abandon de sa mère.

    Elle repensa à Angie et un sentiment de jalousie lui envahit le cœur. Oui, elle était jalouse, car il s’était confié à cette femme…Et qu’à elle, il n’avait rien dit…

    Ce soir là, il lui téléphona à de nombreuses reprises mais elle ne répondit pas, car elle ne voulait surtout pas qu’il sache dans quel état elle s’était mise…

    Il finit par lui envoyer un e-mail

     

    Minami, je sais que tu m’en veux mais sil te plait réponds au téléphone ! J’aime pas quand tu fais ça (même si c’est la première fois)…Cette fille ne signifie rien pour moi, je te le jure ! J’ignore ce qu’elle t’as dit mais je t’en prie ne l’a prends pas au sérieux ! Elle n’est pas importante !!

    Elle regarda le message longuement et lui répondit :

     

    Pourquoi je t’en voudrai ? Il n’y a aucune raison.

    Excuses moi mais je ne peux pas te répondre au téléphone, j’aide ma mère et après je vais dormir…

    Bonne nuit, à demain !

     

    Elle embrassa l’écran lorsqu’elle appuya sur le bouton ‘envoi’

    Pardon…Je t’ai mentis encore une fois

     

     

    *

    Le lendemain, lorsqu’elle sortit de chez elle, elle vit Eiji, debout contre sa moto.

    Elle le regarda, surprise de le trouva là.

    -          Qu’est ce que tu fais ici ? demanda t-elle

    Il lui donna le casque sans répondre, elle le mit et ils montèrent sur la moto en silence avant de démarrer.

    Ils n’échangèrent pas un seul mot en arrivant.

     

    Mais, à l’heure de déjeuner, Eiji craqua.

    -          ça suffit, tu dis que tu ne m’en veux pas mais je sais que c’est faux, tu ne m’a pas adressé la parole une seule fois !

    -          Pourquoi tu te fache ? demanda t-elle doucement

    -          Parce que ça m’én…cria t-il avant de s’arrêter brusquement comme s’il se retenait d’exploser

    Un silence passa et il mit sa main sur ses cheveux en baissant la tête

    -          Sil te plait, Minami…Arrêtes de me faire la tête, dit il doucement

    Elle le regarda et soupira

    -          Je ne te faisais pas la tête

    -          Qu’es ce que t’as alors ? dit il en levant les yeux vers elle

    Elle le regarda et baissa le regard vers le bouton de sa veste

    -          C’est vrai que…tu as été abandonné par ta mère quand tu étais petit ?

    Il ne sursauta pas, il ne broncha même pas…

    Lorsqu’elle leva les yeux vers lui, elle vit qu’il l’a regardait, le regard vide.

    Elle regretta alors de lui avoir rappelé de douloureux souvenirs, elle baissa la tête.

    -          Pardon, oublie ça, murmura t-elle en continuant son repas

    Mais il était trop tard, elle le savait…

    -          C’est Angie qui te l’as dit ? dit il d’une voix blanche

    Elle hocha la tête sans oser le regarder.

    Un silence passa et il dit :

    -          Oui, c’est vrai…J’ai été abandonné…Et alors ? C’est arrivé à plein de gens, je ne suis pas le seul

    -          Mais ça t’es arrivé à toi, dit elle en se retenant de pleurer

    -          Et alors, c’est du passé, je suis là maintenant et je vais bien, dit il en mettant sa main sur sa tête pour lui caresser les cheveux

     Elle leva les yeux vers lui et vit qu’il lui souriait…

    -          Il y a autre chose ? demanda t-elle

    Il cessa de sourire et relacha doucement la mèche de cheveux en la faisant glisser le long de ses doigts

    -          Quoi ?

    -          Je suis certaine qu’il n’y a pas que ça

    Elle vit son regard devenir vide de nouveau et il se remit à sourire

    -          Qu’es ce qu’il te fait dire ça ?

    Je vois, il ne veut pas m’en parler…

    -          ça ne te dérange pas de te confier à Angie, mais par contre à moi…

    Elle se leva en cachant ses yeux et il l’attrapa par le poignet.

    -          Attends Minami…Je ne me suis jamais confié à elle !

    -          Dans ce cas, comment se fait il qu’elle soit au courrant ?

    Il relacha son poignet et elle resta debout sans bouger

    -          Elle était…intime avec mon oncle avant de me rencontrer. Il lui a tout raconté.

    Miyako le dévisagea et un long silence s’écoula.

    -          Je ne me suis jamais confié à Angie, ni à personne,…Minami

    Un long silence s’écoula et Miyako s’exclama sans réfléchir :

    -          Il n’y a pas de raison que tu aie à supporter tout, tout seul ! Parles moi ! Je suis prête à porter tous les fardeaux qui t’écrasent pour ne plus te voir souffrir ! Je veux te voir sourire ! Je veux que tu sois heureux !...Je veux te protéger !

    Il la regarda, d’un regard vide et inexpressif puis il détourna la tête en pouffant avec indifférence, comme s’il se moquait.

    -          C’est débile ce que tu viens de dire ! Maladroite et tête en l’air comme t’es…Comme si j’allais te confier quoi que ce soit !

    Il la regarda du coin de l’œil et vit ses yeux s’embuer de larmes. Il l’avait blessé !

    Elle s’efforca de sourire et se leva

    -          Pardon, dit elle, honteuse, je ne voulais pas t’embêter…

    Et elle partit en courrant.

    Il leva la main et ouvrit la bouche, comme s’il allait l’appeler…Et renonca.

    Il baissa la main.

     

     

    Ils ne reparlèrent plus de cette conversation, Miyako était décidé à ne plus l’importuner avec ça…

     

    Et pendant le cours de littérature, elle sentit son portable vibrer dans sa poche, elle le sortit discrètement et vit « nouveau message Oda Eiji ».

    Elle jeta un œil vers lui et vit qu’il rangeait son téléphone dans sa poche, sans trahir quoi que ce soit sur son visage.

     

    C’était pas vrai ce que je t’ai dit tout à l’heure…

    En fait, j’étais trop heureux, et c’est un sentiment que je n’ai pas l’habitude de ressentir…

     

    Elle leva vivement la tête vers lui et le vit se détourner brusquement, il l’avait regardé pendant qu’elle lisait le message…

    Elle le regarda, le cœur palpitant dans sa poitrine et rangea le portable dans sa poche.

    Il lui racontera tout, elle le savait, mais elle ne lui forcera pas la main…

    Elle le laissera lui raconter tout par lui-même…

     

    Pendant le cours de sport du mardi après midi, Leur classe s’entraînait pour le cross et comme prévu, Miyako tombait sans arrêt.

    Eiji, qui ne courrait pas, la regardait de loin, assis sur les gradins et au bout de vingt minutes, lorsqu’elle tomba en se cogna le front contre le sol, il paniqua et courrut la rejoindre.

    -          Idiote ! Mais tu le fais exprès ou quoi ? s’exclama t-il en l’aidant à se lever

    Elle se frotta le front endoloris et se remit à courrir.

    -          Ne t’inquiète pas, je n’ai pas mal ! lui lança t-elle joyeusement

    Eiji hésita et se mit à courrir en soupirant.

    -          Qu’es ce que tu fais ? dit elle étonnée en le voyant courir à ses côtés

    -          Je vais t’empêcher de tomber, marmonna t-il, géné en détournant la tête

    Elle le regarda, troublée en rougissant.

    -          Mais regarde devant toi, andouille ! s’exclama t-il

    Elle se prit le pied dans un poteau et il l’a rattrapa avant qu’elle ne s’écroule sur le sol.

    -          Désolée, dit elle en riant nerveusement

    Aucune chance pour qu’elle arrive première, songea t-il en la regardant du coin de l’œil.

    Elle courrait en regardant droit devant elle, une expression concentrée dans le regard.

    Elle se donne à fond pourtant…

     

     

    Après les cours, ils allèrent s’amuser dans une salle de jeux, et s’amusèrent énormément, surtout dans celui où il fallait monter à deux dans un hélicoptère et tirer sur le plus d’avions virtuels possible.

     

    Ensuite, ils passèrent devant une machine à grapin avec un tas de nounours à attraper.

    Oda essaya mais le nounours retomba.

    Il s’énerva et recommenca à de nombreuses reprises, ignorant les protestations de Miyako.

    Enfin, il finit par l’attraper.

    Il prit une pause classe et sexy et le lui donna.

    Elle éclata de rire.

    -          Tu aurai put éventuellement te permettre de jouer les cow-boy si tu l’avais attrapé du premier coup, se moqua t-elle

    -          Tais toi ! Ce truc était trucké de toute façon ! s’écria t-il, Sinon je l’aurai attrapé du premier coup !

    Elle pouffa et remarqua que le nounours avait un petit sachet rose accroché à son bras.

    Elle l’ouvrit et vit une chaîne reliée à un petit pendentif en forme de cœur.

    -          Qu’es ce qu’il est joli ! s’extasia t-elle

    -          Tu veux que je te le mette ?

    Elle hocha la tête et il le lui prit.

    Elle se retourna en rassemblant ses cheveux devant elle et il le lui mit.

    Lorsqu’il attacha le crochet, ses doigts touchèrent sa nuque, elle se sentit rougir.

    Oda laissa ses doigts sur sa peau, un instant de trop et les enleva…

    Elle se retourna vers lui et vit qu’il était aussi géné qu’elle.

    Elle baissa la tête et un silence s’écoula.

    Il s’éclaircit la gorge.

    -          On rentre ? dit il

    Elle hocha la tête et vit que le nouveau jeu qu’elle voulait essayé était enfin libre.

    -          Oh attends ! Encore un ! s’exclama t-elle en se précipitant dessus.

    Il la rejoignit à pas rapide.

    -          Il te reste des jetons moyens ? s’enquit il

    -          Heu…

    Elle vérifia dans ses poches.

    -          Non, juste des grands, et toi ?

    -          Non plus, bouges pas je vais t’en racheter un.

    Et il tourna les talons.

    Elle le regardait discuter avec le gérant lorsqu’une voix d’homme lui demanda : 

    -          Excusez moi ? Vous le faites ce jeu ?

    Elle se retourna et vit un homme d’environ une vingtaine années.

    -          Oui, répondit elle, mon ami est parti chercher un jeton.

    -          Ah ? Bon bah tant pis, je vais faire celui d’à côté.

    -          Ah non non, tenez, faites le maintenant si vous voulez, ça ne me dérange pas !

    -          Non merci ça ira, dit il d’une voix amusée, par contre, es ce que vous auriez par hasard des grands jetons ?

    -          Oui, il m’en reste quatre.

    -          Pouvez vous m’en prêter un ? Je vous en donnerai un autre après.

    -          Oui bien sûr, dit elle en fouillant dans sa poche, tenez !

    Il tendit la main et lui attrapa doucement les doigts. Elle plissa les sourcils et rougit en voyant le regard enfiévré avec lequel il l’a couvait.

    -          Tu es adorable, dit il

    Il lui caressa le dos de la main avec son autre main.

    -          Tu as de toutes petites mains toutes douces, et en plus tu rougit, c’est très mignon.

    -          T’es gonflé, toi ! gronda soudain une voix féroce

    Une main arriva de nulle part et alla frapper l’avant bras de l’inconnu pour séparer leurs mains.

    Il poussa un cri de douleur et recula en se frottant le bras.

    C’était Oda, et il ressemblait à un volcan près à ibbulition

    -          D’où tu la touches, toi ? T’es qui ? l’agressa t-il en le bousculant contre le mur

    Ouh la, le démon loubard, le retour ! paniqua t-elle

    -          Oda-san, doucement calmes toi ! s’écria t-elle en le retenant précipitamment par le bras

    -          Pardon, je suis désolé, fit l’inconnu complètement paniqué

    -          Casses toi d’ici ! lui hurla t-il

    Pas besoin de le lui dire deux fois, songea t-elle en le regardant partir en courrant

    Elle remarqua alors que tout le monde avait arrêté de jouer pour les regarder.

    Génée, elle attira Eiji dehors avec elle. Tant pis pour le jeu.

    Eiji bouda sur le chemin de retour, mais elle ne s’en plaignit pas, elle le trouvait adorable lorsqu’il faisait la moue.

    Ce soir là, alors qu’elle lui tricotait l’écharpe qu’elle avait prévu de lui offrir à noel, elle repensa au garçon qu’il était lors de leur première rencontre.

    Etais ce à cause de son passé qu’il était si désagréable avec les gens qui l’entourait ?

    Elle y songea jusque tard le soir lorsqu’il lui fallait se coucher…

     

    Enfin, arriva le jour du cross !

    Sur la ligne de départ, Miyako se concentra en pensant à la station thermale.

    Mais dès le signal de départ, elle partit trop vite et tomba sur le sol avant de se faire piétiner brutalement par les élèves.

    A moitié assomé, elle crut entendre la voix d’Eiji crier et le vit pousser tout le monde pour l’empêcher de l’écraser avant de l’a relever.

          -      ça va ?

    Elle se redressa vivement en reprenant ses esprits et repartit en lui lançant :

    -          T’inquiètes, je vais bien !

    Il l’a regarda s’éloigner, le regard vide…

     

     

    Miyako avait un mal de chien, aux genoux mais elle s’efforcait de courrir sans s’occuper de son point de côté, et au dernier tour, elle tomba en se tordant la cheville.

    Elle se releva aussitôt mais il lui était impossible de poser son pied sur le sol, alors elle sautilla et enfin, elle s’écroula sur le sol à bout de force.

     

    Lorsqu’elle rouvrit les yeux, elle se retrouva dans un des lits de l’infirmerie.

    -          La course ! s’écria t-elle en se redressant vivement

    -          Calmes toi !

    Elle vit alors Motoko et Karin la regarder en souriant.

    -          La course est finie depuis un petit moment maintenant, fit Motoko

    Alors j’ai perdu ?

    Elle se relaissa tomber sur l’oreiller, énormément déçue et vit que sa cheville avait un bandage.

    -          Tu t’es foulé la cheville, fit Karin, rien de grave, il faut juste que tu te repose quelques jours.

    -          Où est Oda-kun ?

    -          Il est en pleine course, fit Motoko

    -          Quoi ? Mais je croyais qu’il ne voulais pas courir !

    -          Ah ? Pourtant il court, là, dit elle, comme tu ne venais toujours pas au dernier tour, il s’est inquiété et il a fait le parcours dans le sens inverse puis il est revenu ave toi en te portant dans ses bras, t’imagine même pas comment elles étaient toute vertes les autres filles !

    Karin et Motoko se regardèrent en riant.

    -          Ensuite, il t’a posé à l’infirmerie et quand on est venu avec le médecin, la course allait commencé alors il nous a demandé de rester avec toi le temps qu’il te gagne ton…

    La porte s’ouvrit brutalement , l’interrompant, et Eiji entra, le visage rouge et perlé de sueur.

    -          Aah, tu es réveillée, soupira t-il, soulagé, comment tu va ? Tu as mal ?

    -          Non ça va…murmura t-elle en rougissant

    -          Ils font la remise des prix ? demanda Karin

    -          C’est la fin, là, dit il

    -          Oh mince, vite on va tout rater ! s’exclama t-elle en tirant Karin par le bras

    -          Mais on s’en fout, on a rien gagné, marmonna t-elle

    -          Idiote, fais semblant, lui chuchota t-elle en s’efforcant de paraître enthousiaste

    Karin comprit et s’efforca de sourire avant de partir en fermant la porte derrière elle.

    Un silence embarrassant s’installa dans la pièce, Eiji s’asseya sur un des sièges vides près de son lit.

    -          comment ça se fait que tu ai participé ? Demanda t-elle soudainement, Tu ne t’ai même pas entraîné…

    Il fouilla dans sa poche et posa deux billets sur ses genoux.

    Elle les prit et vit qu’il s’agissait des billets d’entrées pour la station thermale qu’elle avait absolument voulut gagner…

    -          Je te cache pas que j’ai galéré pour te les gagner, dit il en se débarrassant de son pull, je ne me suis pas du tout entraîné.

    Il releva la tête vers elle et écarquilla les yeux, elle pleurait comme une madeleine.

    -          Bah, qu’es ce qu’il t’arrive ? Pourquoi tu pleurs ?

    Elle s’essuya les yeux en reniflant sur sa manche sans répondre, trop émue pour trouver ses mots.

    Il comprit et l’a regarda d’un air attendrit, sans bouger.  

     

    Elle n’eut pas de nouvelle de lui ce week end là.

    Elle detestait le week-end car comme Eiji travaillait, elle ne pouvait pas le voir jusqu’au lundi suivant.

     

     

    Enfin, ce lundi là, lorsqu’elle sortit de chez elle, elle eut la bonne surprise de voir de la neige partout !

    Elle s’habilla en conséquence et dut aller à pied au lycée, comme les transports étaient annulés à cause de la météo.

    -          Minami !

    Elle se retourna et vit Eiji marcher derrière elle.

    -          Qu’est ce que tu fais là, dit elle

    -          Je ne conduis pas quand il neige.

    Ils firent alors le chemin ensemble jusqu’au lycée.

    -          Oda ? fit une voix masculine derrière eux

    Ils se retournèrent et Miyako vit un garçon de la même taille qu’Eiji, avec des cheveux long jusqu’aux épaules.

    -          Ah salut, fit Eiji qui venait de le reconnaître

    -          Ça fait longtemps, fit il en lui serrant la main

    -          Qu’est ce que tu fais là ?

    -          J’ai lâché le lycée, je commence à travailler dans le bar à côté, tu devrai passer d’ailleurs, dit il

    -          Non merci, je ne traîne plus trop dans ce genre d’endroit…

    Il le vit regarder Miyako et dut faire les présentations.

    -          Je te présente mon amie, Miyako Minami, elle est dans ma classe au lycée. Et voici Yûsuke Aoki, il était dans ma classe au collège.

    Elle s’inclina poliment et il fit de même avec un grand sourire.

          -      Bonsoir Aoki-kun, dit elle, je suis enchantée de faire votre connaissance

          -      Moi de même, dit-il, je t’en prie, tu peux me tutoyer et m’appeler Yûsuke

          -      « Aoki » ira très bien, grommela Eiji, bon excuses nous mais on est pressé

    Il la prit par le bras et la forca à s’avancer

    -          J’ai été ravi de te rencontrer, dit il en lançant un clin d’œil à Miyako

    -          Moi aussi Yûsu…

    Elle s’interrompit brusquement en sentant une pression sur son bras.

    Elle leva les yeux vers Eiji et croisa son regard sévère.

    -          « Aoki », chuchota t-il

    -          Moi aussi Aoki-kun, dit elle enfin alors qu’ils s’éloignaient.

    Un long silence passa et Miyako lui jeta des regards furtifs.

    -          Pourquoi as-tu eu cette réaction ? Demanda t-elle, tu ne l’aimes pas ?

    -          C’est pas ça…Il est bizarre, c’est tout…Si tu le croise un jour, traces ta route, d’accord ?

    Elle plissa les sourcils et il tourna son regard furieux vers elle

    -          D’accord ? répéta t-il

    -          Oui oui, si tu veux…

     

     

    *

    Plus tard, après les cours, Miyako voulut aller profiter de la neige dans le parc.

    Eiji l’accompagna, au départ il se contentait de la regarder, elle tentait difficilement de faire un bonhomme de neige et ne cessait de glisser et de tomber en arrière.

    Eiji finit par l’aider et ils s’amusèrent comme des enfants de dix ans.

    Lorsqu’ils finirent le bonhomme de neige, il s’asseyèrent sur la neige en soupirant. Miyako fit discrètement une boule de neige et la jeta sur sa tête.

    -          Alors ça… fit il d’une voix qui n’augurait rien de bon

    Elle éclata de rire et se leva pour se sauver en courrant.

    Il la coursa, l’attrapa par la taille et la fit tomber dans la neige en riant.

    Ils se bagarrèrent longuement, se jetèrent des boules de neige en poussant des cris de guerre, et ils riaient…Ils ne cessaient de rire…

    Enfin, il se décidèrent à s’arrêter un peu et s’alongèrent dans la neige.

    Miyako s’amusa à bouger les bras et les jambes pour faire la trace d’un ange de noêl tandis qu’Eiji fermait les yeux, comme s’il s’était endormit.

    -          Je me sens bien avec toi…Minami

    Elle s’immobilisa et tourna la tête vers lui, comme si elle craignait d’avoir mal entendu

    -          Jamais je ne me suis sentit aussi bien avec quelqu’un, continua t-il, les yeux figés vers le ciel

    Elle rougit et se redressa pour mieux le dévisager. Lui, resta allongé.

    -          La vérité, c’est que je n’avais jamais eu confiance en personne, c’est pour ça que je n’ai jamais raconté mon passé à qui que se soit…

    Le cœur battant, elle attendit qu’il brise lui-même le silence qui venait de s’installer

    -          Et maintenant…J’ai confiance en quelqu’un…Je crois en quelqu’un…Et cette personne est la seule à avoir sut m’apaiser…Tu crois que si je lui en parle, je vais l’ennuyer ?

    Elle secoua vivement la tête

    -          Non, au contraire ! dit elle

    Il l’a dévisagea en silence et reporta son regard vers les nuages qui passaient doucement dans le ciel

     

    Du haut de ses cinq ans, Eiji Oda jouait avec des petites figurines que lui avait offert sa mère.

    Il n’avait pas beaucoup de jouets, comparé à ses camarades de classes mais il était heureux tout de même. Il avait même la chance d’avoir une voiture miniature de police. Il en était si fier…

    Soudain, il entendit la porte d’entrée claquer bruyamment, son père venait de rentrer.

    Il se précipita dans son lit et fit mine de dormir, comme tout les soirs lorsque son père rentrait du travail.

     

    Il entendit alors ses parents se disputer, il prit sa voilure de police et la serra contre lui pour se réconforter.

    Sa mère disait « ce n’est pas de ma faute si tu ne me satisfait pas au lit, il faut bien que je me soulage ailleurs ! » Eiji ne comprit pas le sens de cette phrase sur le coup, mais il était vrai qu’ils en parlaient très souvent.

     

    Tout ce qu’il savait, c’était que sa mère amenait d’autres hommes à la maison pour dormir avec elle quand son père ne rentrait pas à cause du travail.

    Elle disait qu’elle préférait passer la nuit avec eux, qu’ils étaient mieux que lui.

    Mieux en quoi ? Son père tirait-il toute la couverture la nuit ? Ronflait il ? Et sa mère préférait dormir avec les autres parce qu’elle pouvait dormir tranquillement ?

    Il cherchait un tas de raison avec son innocence de petit garçon.

     

    Et comme d’habitude, après leur dispute, son père le tira du lit et le frappa comme si c’était lui le fautif.

    Une fois calmé, il repartit et alla boire de la bière en regardant la télé, tandis que sa mère était parti dormir. Puis vers le milieu de la nuit, il revint à la charge mais avec plus de brutalité cette fois.

    C’était la même chose, chaque jour…

    Enfin, lorsqu’il a eu sept ans, son père ne revint pas à la maison et sa mère lui apprit qu’il en avait marre de sa famille.

    Eiji ressentit une immense joie et le soulagement fut telle qu’il en pleura sur le coup.

     

    Mais les jours suivants, sa mère amenait de plus en plus d’hommes à la maison, et elle ne se cachait plus.

    Eiji perdit son innocence cette année là, car il vit sa mère nue, coucher avec un inconnu contre la table de la cuisine alors qu’il était juste à côté, dans le salon.

     

    Il vit la chose se reproduire régulièrement, sa mère se moquait qu’il la voit, au contraire, cela semblait l’exciter davantage.

     

    Eiji ne parlait plus à personne à l’école. Il n’arrivait plus à jouer avec ses copains…

    Un soir, il voulut rejoindre sa mère pour comprendre…Pour savoir ce qu’il se passait…

    Il voulait retrouver sa mère…Mais elle se contenta de lui caresser la tête en lui disant « Je t’ai bien élevé, alors tu ne diras rien à personne, n’es ce pas mon chéri ? »  

     

    Bien sûr qu’il n’allait rien dire à personne…

    Comment le pourrait il ?

    Comment expliquer une telle chose ?

     

    Et un soir, sa mère prépara un grand sac à dos et se dirigea vers la sortie de chez elle avec un des hommes qu’elle fréquentait.

    « Maman, où tu vas ? » paniqua Eiji

    Elle ne lui adressa pas un regard, elle se dégagea de lui brutalement avec indifférence, le faisant tomber sur le sol, puis elle partit en fermant la porte derrière elle.

    Et il comprit qu’elle n’allait pas revenir.

    « Maman ! » pleurait il en tapant contre la porte

    Il ne sut combien de temps il resta là à pleurer…Toujours est il qu’il pleura jusqu’à épuisement.

     

    Lorsqu’il revint à lui, il se retrouva chez sa voisine, elle avait demandé au gardien d’ouvrir la porte car elle avait entendu quelque chose de bizarre.

    Il apprit alors que sa mère était partie dans un pays étranger sans laisser de trace.

     

    Il fut plus tard recueillit par son oncle, mais il s’averrait qu’il était pire que son père.

    Il buvait, fumait…et le frappait plus fort que son père.

    Son calvaire dura huit mois, jusqu’à ce que son oncle l’envoya à l’hôpital.

    Il lui avait ouvert le crâne en le cognant contre la baignoire.

     

    Les médecins lui sauvèrent la vie de très peu, et découvrirent au passage qu’il souffrait de dénutrition.

    Son oncle prétendait qu’il avait glissé et s’était cogné contre une armoire, pour expliquer sa blessure, et qu’il était dénutri car il était momentanément au chômage et qu’il ne pouvait pas acheter à manger.

    Il perdit sa garde, car lorsque les médecins demandèrent à l’enfant comment il s’était blessé, il prétendit qu’il était tombé dans les escaliers.

    Une version différente…

    La vérité avait alors éclaté, l’enfant avait été battu !

    Son oncle se fit arrêter et c’est ainsi qu’Eiji fut placé de famille d’accueil en famille d’accueil…

    Jusqu’à ce qu’il soit recueillit dans un foyer géré par Madame Matoharu.

     

    Eiji avait parlé de son enfance d’une voix neutre, presque indifférente…

    Comme si ce passé n’était pas le sien…Il songea alors qu’il en avait parlé avec une facilité déroutante…

    Etais ce parce que c’était Miyako qui l’écoutait ? Il n’en savait rien, toujours est il qu’il se sentait soulagé…

    Un sanglot le tira de ses pensées, il tourna la tête vers elle et vit qu’elle pleurait, les poings à demi fermés sur ses yeux…Comme une petite fille.

    Il se redressa et la regarda, dérouté.

    -          Il t’arrives quoi ? Pourquoi tu pleurs ?

    Mais il vit qu’elle était incapable de dire un mot…Elle était effondrée…

     

    Il l’a regarda, à la fois surpris et bouleversé.

    Elle pleurait…Pour lui…

    Il sentit quelque chose se libérer en lui avec une intensité brulante et il l’attira brusquement vers lui.

    Elle s’accrocha à lui et pleura contre son épaule.

    -          Merci…Miyako, murmura t-il ému

     

    Miyako sentit son cœur vibrer en l’entendant l’appeler par son prénom, mais la peine qu’elle ressentait pour lui était telle qu’il n’y avait pour l’instant plus beaucoup de place dans son coeur pour un sentiment de joie, quel qu’il soit.

    Soudain, dans son esprit assourdit par ses propres sanglots qui semblaient ne plus vouloir s’arrêter, elle le sentit trembler contre elle, de plus en plus. Sa respiration était saccadée.

    Enfin, elle l’entendit pleurer doucement contre sa nuque.

    Elle le berça doucement et lui caressa le dos.

    -          Laisse-toi aller, pleura t-elle, tout va bien, je suis là, laisses tout sortir…

    Il l’a serra plus fort, puis encore plus fort, à la briser en tremblant de tout ses membres, et il se relacha complètement.

    Il pleura longuement, et lorsque Miyako fut à peu près calmé, il pleurait encore.

    Et même lorsqu’il fut calmé à son tour, ils restèrent dans les bras l’un de l’autre…


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    Kuroshitsuji

    saison 1


    kuroshitsuji

     

    Le jeune comte Ciel Phantomhive, âgé de 12 ans, a perdu ses parents dans un mystérieux incendie, il se voit devenir l'héritier de l'entreprise de jouets et friandises "Phantom".

    Il réside, depuis,dans un manoir étrangement identique à celui qui a été brulé deux années plus tôt en compagnie de domestiques et d'un mystérieux majordome du nom de Sebastian Michaelis.

    On apprend par la suite que Sebastian est en réalité un démon des enfers avec qui Ciel aurait passé un pacte.

    kuroshitsuji

    En effet, selon le contrat, il lui aurait offert son âme en échange de sa protection jusqu'à l'accomplissement de sa vengeance. Le signe du pacte se trouve à son œil droit qu'il garde toujours caché sauf lorsqu'il a besoin de faire appel à son majordome protecteur.

    C'est ainsi que Ciel et son majordome se mettent à résoudre différentes énigmes de meurtres et autres sur ordre de la reine.

    Néanmoins le mystère reste omniprésent dans la série. Pourquoi Ciel a-t-il donc passé un tel pacte ? Qu'est-il vraiment arrivé à ses parents ? Quel est donc le mystère pesant sur sa famille ? 

     

    kuroshitsuji

     

    Avis personnel

     

    kuroshitsujiAh....Kuroshitsuji et moi, c'est une grande histoire d'amour!!

     

    Tout à commencé alors que je faisais le ménage dans le salon (la nana qui raconte sa vie, mdr), comme le calme m'énerait, j'ai allumé la télé et jsui tombé sur Black butler (c'est l'autre titre de Kuroshitsuji) sur MCM, et là, j'ai vu Sebastian...Il ne serait pas exagéré de dire que ce fut le coup de foudre lol et 3 jours plus tard j'allai au japan expo et...IL ETAIT PARTOUT!!!!! Mdr j'étais aux anges, j'ai acheté la peluche (très confortable d'ailleurs, jpeu plus dormir sans, mdr) la figurine, le poster, le pin's et des images....LOL et après le marathon des 4 jours de japan expo, jme sui miz à regarder la série...

     

    Ce n'etait absolument pas du tout le genre de manga que jregardais d'habitude et pourtant,...MDR c devenu l'un de mes mangas préférés!!! Sebastian est trop classe, trop beau, trop magnifique, trop tout Musique Japonaiseet le scénario est excelent.


    Ce que j'ai particulièrement aimé dans ce manga, c'est qu'on s'attache à tous les personnage, même les plus bizarre, mdr

    Grell qui fait parti des faucheurs est à la base considéré comme un méchant puisqu'il tue un proche de Ciel, et pourtant, on ne peut pas s'empècher de l'adorer, avec lui on enchaine fou rire sur fou rire, pareil pour les domestiques, le chien démoniaque, le prince, son majordome ou encore Undertake qui est complètement cinglé sur les bord mdrMusique Japonaise

     

    Bref, ce manga est génial, ne mourrez pas avant de l'avoir vu, sinon vous ne pourrez pas aller au paradis et deviendrez des esprits errants qui n'ont pas fini toutes leur taches sur terre!! 

     

     


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    Sign of Love

     

     

    koki et Ichigo

    Durant l’été précédant son entrée au lycée, Ichigo part au bord de mer avec son père pour travailler dans la boutique de sa grand-mère. Au détour d’une ballade nocturne avec son chien, elle rencontre Koki, un garçon de son âge qui semble chercher quelque chose dans l’eau. Elle fait par la suite également la connaissance du cousin du jeune homme, Taiga, qui semble un peu trop protecteur envers son cousin et lui interdisant même de sortir seul le soir. Mais Koki s'arranga tout de même pour rejoindre Ichigo en pleine nuit alors qu'elle leur avait parlé un peu plus tôt des étoiles filantes qu'elle ne raterait pour rien au monde.

    Mais Koki semble perturbé par un souvenir du passé, au point de tenter de commettre un acte irréparable. Ichigo, prise d'un terrible pressentiment, le retrouva à temps, et cet évènement marquant pour elle comme pour lui les unira bien plus qu'ils ne s'y attendaient...

    Quelques mois plus tard, alors que Ichigo débute sa première année au lycée, elle tombe nez à nez avec Koki et son cousin qui ne semblent pas la reconnaitre...

     

    Musique Japonaise

    Avis personnel:

    J'ai terminé la série récemment, elle existe en 5 tomes et je l'ai ranger sur l'étagère "meilleurs manga" lol il est donc inutile de vous dire que j'ai clairement adoré!

    J'ai toujours aimé les oeuvres de Maki Usami, elle est vraiment pleine de talents!!

    Au premier abord, Koki est un beau gosse qui brise sans pitié le coeur des filles dans le seul but de s'amuser, mais en réalité, c'est un garçon extremement perturbé et traumatisé par le souvenir de sa propre mère qui a essayé de le tuer.

    Il tente de faire croire à Ichigo qu'il ne se souviens pas d'elle dans le seul but de ne pas la méler à ses histoires mais en réalité, c'est elle qui le sauvera.

    C'est ce que j'ai le plus aimé dans ce manga, Ichigo est une jeune fille, toute naive, toute mignonne, qui n'a rien à voir avec les filles qu'il avait l'habitude de fréquenter et pourtant, c'est elle qui a sauvé son ame entre guillemet et qui lui a apporté la stabilité!

    A un point qu'il devient complètement fou amoureux d'elle, il est trop craquant dans les deux derniers tomes, il ne la lâche pas et est tout gaga de sa copine lolkoki et Ichigo

     

    C'est un excelent manga que je conseilles à tous les fans de shojo!!koki et Ichigo 

    Je ne peux malheureusement pas vous proposer de lien car c'est un projet licencié mais je vous conseilles vivement de l'acheter, ça en vaut le coup


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  • Chapitre 2

     

     

    Plusieurs semaines s’étaient écoulées depuis la rentrée, l’euphorie causée par sa nouvelle vie de lycéenne était passée.

    Désormais, Miyako devait surmonter un problème dramatique : les mauvaise notes !

    Elle avait en effet énormément de mal mais elle continuait à faire de son mieux et restait positive.

     

    -               Mon Dieu…murmura t-elle

    Elle regardait avec effroi le zéro marqué sur sa copie du contrôle de maths.

    Comment avait elle put avoir zéro alors qu’elle avait travaillé si durement la veille… ?

    Elle en avait presque envie de pleurer…

    Elle leva la tête et croisa le regard de Oda.

    Assis à sa place, les mains dans les poches, et complètement affalé sur son siège, il lui lançait un regard interrogateur.

    La mine déprimée, elle fit une bulle avec son index et son pouce.

    Amusée, il secoua la tête d’un air blasé et lui montra sa feuille.

    Elle était vierge ! Il n’avait absolument rien écrit dessus !

    Mais comment faisait il pour passer de classe en classe avec un comportement pareil ?

     

    A l’heure de déjeuner, elle alla sur le toit, à la recherche d’Oda et le retrouva en train de traumatiser un élève de la classe du dessus.

          -      Oda-san ?

    Il jeta un regard vers elle, puis prit un air embarrassé et relâcha sa victime en marmonnant, assez doucement pour qu’elle n’entende pas :

    -                Déguerpis !

    Sa victime recula et partit en courrant, non sans avoir jeté un regard de gratitude vers Miyako.

    Elle le regarda d’un air intrigué et rejoignit Oda qui lui tournait le dos pour regarder la vue.

    -                C’est un ami à toi ?

    -                Ouais, vite fait, on délirai, dit il d’une voix évasive

    Elle se laissa tomber par terre et ouvrit le bentô.

    Elle avait prit l’habitude de préparer deux fois plus de nourritures qu’avant et elle amenait deux baguettes supplémentaires.

    Il avait au départ trouvé cela ridicule et l’avait envoyé balader, mais lorsqu’elle avait proposé à un autre garçon, (pour ne pas gaspiller) celui-ci avait accepté vivement, et Eiji avait reprit aussitôt les baguettes, non sans avoir jeté au garçon, un regard menaçant au passage.

     

    Depuis ils mangeaient ensemble dans le même bentô et Oda s’occupait des boissons et des desserts.

    -                Tu fais quoi ? dit il en engloutissant une bouchée de riz

    -                Je finis mon devoir maison de maths, dit elle la bouche pleine en utilisant le sol comme appui

    -                Pourquoi tu ne l’as pas fait hier ?

    -                J’avais pas finit le devoir de littérature.

    Il but une gorgée de sa canette et se pencha pour regarder ce qu’elle écrivait

    -                Tu n’as pas fait le tien ? dit elle

    Il secoua la tête

    -                Tu ne fais jamais tes devoirs, les professeurs ne te disent rien ?

    -                Ils savent que même en me collant tout les jours après les cours, ça ne changera rien alors…Une punition est sensé corriger, non ?

    Elle leva la tête vers lui

    -                Et bien moi ça ne me corrige pas, alors ils font rien.

    -                Mais comment fais tu pour passer de classe en classe ?

    -                Je réussit les examens de fin d’année, dit il simplement

    Elle faillit pleurer d’injustice.

    Oh mon Dieu, pourquoi ne pas avoir donné cette faculté à tout le monde ?

    Il fronça les sourcils et lui prit la feuille.

    -                Minami ? dit il, tout est faux…

    Elle se figea et se mit à pleurer.

    -                Hey ho, pas la peine de chialer pour ça !

    -                Mais j’ai déjà eu deux zéros ! pleura t-elle de plus belle

    Il la regarda en secouant la tête d’un air blasé et ramassa le stylo en soupirant

    -                Toi alors, je te jure, marmonna t-il en reposant sa feuille devant elle, regardes, tu vas voir, tout est une question de logique.

    Il lui expliqua chaque exercice, la guidant vers les réponses, et à partir du troisième, elle comprit et parvint à faire les deux derniers, toute seule.

    -                C’est bon, là ? dit elle en le laissant regarder

    Il vérifia et hocha la tête.

    -                C’est bon, dit il, allez, manges maintenant sinon tu n’auras pas le temps de finir avant la sonnerie.

    -                Mais si tu es si doué, pourquoi ne fais tu pas tes devoirs ? s’enquit elle en reprenant ses baguettes

    -                Parce que ça ne m’intéresse pas de m’y pencher.

    Elle but une gorgée de cola et le regarda

    -                Pourtant là tu t’y es penché

    -                C’est différent, là je l’ai fait pour toi.

    Elle lui fit un grand sourire et il rougit

    -                N’en fais pas une habitude ! s’exclama t-il, je l’ai fait sans réfléchir, et ça sera la dernière fois !

    Elle hocha la tête et son sourire se fit plus doux

    -                Merci beaucoup, Oda-san.

    Il rougit de plus belle et se releva

    -                Où tu vas ?

    -                Nulle part !

    Il fit mine de regarder la vue …

     

     

    Miyako songea en rentrant en bus qu’elle n’avait pas entendu de rumeur sur Oda depuis quelques temps.

    Il ne se battait plus (du moins le pensait elle) et il avait cessé de briser volontairement les cœurs des filles.

    Motoko lui avait raconté que Karin s’était déclaré à lui, qu’il avait bien sûr repoussé sa demande, mais qu’il n’avait rien fait de compromettant envers elle.

    Etais ce une bonne chose ? Car le fait qu’il se soit à priori calmé poussait les jeunes filles à se déclarer et cela la gênait de plus en plus.

     

    Là, son cœur bondit, la chassant de ses pensées.

    Oda était juste là, derrière la vitre du bus où elle était, il attendait sur sa moto que le feu passe au vert.

    Elle tapa sur le carreau, il ne l’a remarqua pas tout de suite.

    Enfin, il leva la tête vers elle.

    Elle lui fit de grands signes en criant son nom, sans prendre garde aux regards autour d’elle, il soupira, à la fois amusé et honteux, puis, résistant à l’envie de faire « Je ne l’a connaît pas » il répondit à son signe presque à contre cœur.

     

    Miyako finit par descendre à l’arrêt et le rejoignit.

    -                Restes pas sur la route, idiote ! lui cria t-il

    -                Pardon ! Désolée !

    Elle se mit sur le trottoir et il se gara sur le côté.

    -                Je ne savais pas que tu passais par là pour rentrer, dit elle tandis qu’il enlevait son casque

    -                Bah moi non plus, en même temps, je partais toujours avant les bus alors c’est normal qu’on ne se soit jamais croisé

    Un silence s’écoula, Miyako ne savait plus quoi dire…

    Gênée, elle fixa le sol.

    -                On se balade ? proposa t-il

    Elle leva les yeux vers lui et hocha la tête en souriant.

    Il attacha sa moto et ils marchèrent en ville en discutant de tout et de rien.

    -                Tu dois rentrer à une heure précise ? lui demanda t-il

    -                Pas spécialement, si je rentre plus tard, il me suffit d’envoyer un e-mail à ma mère. Et toi, tes parents ne t’attendent pas ?

    Il secoua la tête

    -                Je n’ai plus de parents, dit il

    Elle écarquilla les yeux et se tourna vers lui. Il donnait l’impression de s’en moquer complètement…

    -                Aujourd’hui, je vis dans un foyer d’accueil.

    Un silence passa et pour changer de sujet, il montra une vitrine du doigt, elle avait des décorations de noël.

    -                Ah ? Déjà ? s’exclama t-elle joyeusement

    -                Bah oui, c’est bientôt.

    -                Tu aimes noël ?

    -                Non.

    Elle haussa les sourcils.

    -                Mais pourquoi ?

    -                Je n’ai pas de raison particulière, je n’aime pas, c’est tout…

    Elle trouva cela triste…

    -                Mais noël c’est un jour sacré pour tout le monde ! C’est le jour où on se retrouve avec les personnes qu’on aime et que…

    -                Tu veux une pomme d’amour ? la coupa t-il

    -                Oh oui, j’adore ça ? s’exclama t-elle

    Il lui en offrit une, et elle l’a mangea en souriant.

     

    Finalement, comme ni l’un ni l’autre ne manifestait l’envie de rentrer, ils allèrent manger au fast food.

    Elle était assise à une table lorsqu’il leur amena le plateau.

    Il était si beau, il avait l’air si sérieux, si grave et, pour une obscure raison, si tourmenté.

    Elle aurait voulu lui dire tout ce qu’il représentait pour elle, ce qu’elle ressentait pour lui...

    Mais elle savait qu’elle n’avait aucune chance.

    S’il trouvait le moyen de repousser des filles magnifiques au corps de rêve, comment pourrait elle avoir la moindre petite chance ?

     

    Ils se mirent à discuter longuement tout en dînant, Miyako était comme toujours, la plus bavarde.

    -                Tu appelles ça un rêve ? marmonna t-il un peu amusé

    -                Bien sur ! s’exclama t-elle, aller à Disney land a toujours été mon rêve !

    Il sourit et but son cola à la paille

    -                Alors pourquoi n’y es tu pas allé ?

    -                Trop cher, marmonna t-elle, et mes parents ne sont pas spécialement riche, ça se saurait !

    Elle rit et il lui enleva la goutte de ketchup qui avait atterrit sur sa joue.

    Elle rougit mais lui, ne sembla guère troublé, il avait fait cela si naturellement…

     

    Plus tard, ils marchèrent jusqu’à sa moto, elle pensait rentrer à pied mais il lui donna son deuxième casque.

    -                Tu as franchement cru que j’allai te laisser rentrer toute seule à cette heure ci ? Idiote comme t’es, tu te ferait enlever direct !

    -                Même pas vrai ! s’exclama t-elle

    Plus tard, lorsqu’ils arrivèrent devant chez elle, elle lui rendit son casque.

    -                Je me demande même si je ne vais pas te ramener tout les soir, dit il, l’air songeur, puisque c’est sur mon chemin

    Miyako était heureuse mais elle tenta de se contenir.

    -                Et puis ça t’évitera de payer le bus, ajouta t-il en se tournant vers elle, ça te dit ?

    Elle sourit et hocha la tête.

    -                ça ne te dérange pas ?

    -                Idiote, si ça me dérangeait, je ne l’aurait pas proposé, dit il en rattachant son casque, allez, rentre, il fait froid.

    Elle hocha la tête, s’inclina devant lui en le remerciant et tourna les talons.

    -                Minami ?

    Elle se retourna et il lui donna un bout de papier.

    Elle l’ouvrit et vit qu’il avait écrit son numéro de portable et son adresse e-mail. Elle rougit et releva vivement la tête vers lui mais il était déjà repartit...

     

    Elle le regarda jusqu’à ce qu’il disparaisse complètement de sa vue, et rentra le cœur battant et léger dans sa poitrine.

     

     

    *

     

    Le lendemain, alors qu’ils déjeunaient sur le toit, une élève les interrompit en regardant froidement Miyako et demanda à Oda si elle pouvait lui parler en privé.

    Ils allèrent de l’autre côté du toit, Miyako les regardait du coin de l’œil, elle l’a vit lui parler, les yeux figés sur le sol et les joues rouges.

    Oda dit quelque chose, elle lève les yeux vers lui, et hocha la tête comme si elle comprenait, puis elle repartit d’un air un peu triste.

    Oda Eiji rejoignit Miyako et continua son repas.

    Miyako le regardait en silence d’un air interrogateur.

    -                Comme d’habitude, marmonna t-il pour répondre à sa question muette

    Ah ? Il a encore repoussé une fille…

    -                Tout le monde dit que tu as changé, dit elle, que maintenant tu n’es plus agressif avec les filles qui se déclarent à toi

    Il haussa les épaules d’un air indifférent

    -                Ils disent même que tu sort moins ton numéro de « démon loubard »

    -                Démon loubard ? répéta t-il en levant vers elle un regard blasé

    -                Oui, dit elle joyeusement, et tant mieux ! Je suis très contente ! Tu faisais peur à tout le monde avant !

    Sympa, pensa t-il

    -                Qu’est ce qu’il y a ?

    -                Mange, dit il en reporta son attention sur le bentô

     

     

    A la fin des cours, les élèves quittaient la salle, les uns après les autres.

          -      Tu me ramènes, Oda-kun ? fit une camarade, j’ai toujours voulu faire un tour de  moto !

    Miyako tressaillit et releva la tête vers Eiji.

    Pourquoi l’idée qu’il puisse passer du temps avec une autre la dérangeait ?

    -                Non, j’avais déjà prévue de le lui demander, s’énerva une autre

    -                Oui et bien il n’empêches que c’est moi qui l’ai demandé avant toi !

    -                Ça sert à rien de vous battre, soupira t-il en enfilant sa veste, je ramène déjà quelqu’un

    -                Quoi ? Qui ça ?

    Il ne fit pas attention à elles et boutonna se veste.

    -                Tu viens? Lança t-il à Miyako

    Rouge de honte, elle le rejoignit, les yeux figés sur le sol pour ne pas croiser les regards à la fois ahuris et assassins des deux jeunes filles.

    -                Tu aurai put être plus discret, dit elle en récupérant des manuels dans son casier avant de partir.

    -                Pourquoi ? Tu aurais préféré que je mente ?

    -                Non, mais bon…

    Elle songea alors que le fan club d’Eiji allait être au courrant.

    Je ne veux pas finir noyer dans la cuvette des toilettes, pensa t-elle paniquée en les imaginant en train de la martyriser

    Ils virent alors une foule de lycéens rassemblés devant le tableau d’information de l’établissement.

    Ils s’en approchèrent et virent une affiche.

    -                Oh un cross ! s’exclama t-elle joyeusement, génial ! Qu’est ce qu’on gagne ? Je suis trop petite pour lire les prix qui sont écrit en bas et il y a trop de monde devant.

    -                On s’en moque du cross, de toute façon j’y ai jamais participé et c’est pas demain la veille que ça va changer !

    -                Allez, par curiosité, dis moi c’est quoi les prix !

    -                Bon, il y aura deux courses, marmonna t-il en regardant l’affiche, une pour les filles et une pour les garçons…Normal. Pour celui qui arrive en troisième position, le prix, c’est un livre, wouah le veinard, je vais tout faire pour arriver en troisième position, moi.

    Elle éclata de rire

    -                Arrêtes, pouffa t-elle, et les autres ?

    -                Celui qui arrive deuxième, il gagne une place de cinéma pour deux personnes, et le premier prix c’est deux entrées dans une station thermale.

    Les yeux de Miyako s’éclairèrent et elle soupira.

    -                La chance, marmonna t-elle en tournant les talons

    -                Pourquoi tu dis ça avant même d’avoir commencé la course ?

    -                Parce que je suis nulle en sport, tu le sais bien…J’arriverai jamais première.

    -                Rien ne t’empêche d’essayer.

    -                Oui, bien sûr, je vais essayer, mais je sais très bien que je ne serai pas parmi les dix premiers, c’est une certitude, j’arrête pas de tomber quand je court…

     

    Finalement, ils s’arrêtèrent dans une cafétéria car Miyako lui avait dit sur le chemin qu’elle n’arrivait pas à préparer le contrôle d’anglais.

    Ils se posèrent à une table et finirent par étudier ensemble.

     

    Le lendemain, avant que le professeur n’arrive, Miyako était toujours en train de réviser.

    Eiji était assit sur un siège à côté d’elle, il rêvassait en mâchant un chewing-gum.

    Miyako le regarda du coin de l’œil et se tourna vers lui.

    -                Tu veux bien me rendre un service ? dit elle

    -                Lequel ?

    -                Réussis ce contrôle !

    Il plissa les sourcils

    -                En quoi ça te rendrait service ?

    -                Nous avons travaillé ensemble ! Je veux maintenant qu’on réussisse ensemble ! ça va me motiver pour le contrôle !

    Il l’a dévisagea d’un air blasé et détourna la tête.

    -                Alors ?

    -                Si tu veux, marmonna t-il, alors fais de ton mieux

    Elle sourit et hocha la tête

     

     

    Plus tard, lorsque Miyako eut la copie, elle commença le contrôle, surprise de la facilité des questions.

    Elle écrivit les réponses sur la feuille, ne parvenant à peine à y croire.

    Lorsqu’elle leva la tête vers Eiji, il fit un mouvement de tête et un froncement de sourcils.

    Une manière de demander « alors ? »

    Elle lui fit un grand sourire et le signe de la victoire.

    Il sourit et se retourna vers sa copie.

    Les élèves étaient estomaqués de le voir travailler, et le professeur peinait à contenir ses larmes de joie.

     

     

    -                C’est la première fois que je réussis un contrôle d’anglais, s’exclama t-elle folle de joie en quittant la salle avec Oda

    Ils montèrent les escaliers et il s’arrêta

    -                Quoi ?

    -                On devrait arrêter de manger sur le toit, t’es toujours en train de congeler, dit il

    Elle soupira intérieurement, elle n’avait pas osé lui demander de manger ailleurs parce qu’il adorait aller sur le toit.

    -                Et si on allait au troisième étage contre le chauffage ? Il n’y a jamais personne là bas

    -                Oui, dit elle joyeusement

    Elle se rappela soudain qu’elle avait oublié les baguettes dans son sac.

    -                J’ai oublié les baguettes, montes installer tout, je vais les chercher !

    Et elle repartit gaiement tandis qu’il montait les marches.

    Lorsqu’elle arriva au couloir de sa salle, elle sentit une main lui attraper violemment le poignet et l’a tirer vers une des salles.

    Elle se retrouva devant huit filles, folles furieuses.

    -                On a à te parler, toi !

    Elle prit un air paniqué et s’inclina

    -                Je suis désolé, vous m’en voulez parce que je suis proche d’Oda-san mais nous sommes juste amis, je vous le promets, il ne s’est jamais intéressé à moi !

    On lui attrapa violemment les cheveux et la tira sur le sol.

    -                Te fous pas de nous ! s’écria l’une d’entre elle

    Elle se prit un violent coup de poing dans le ventre et un autre dans le dos.

    Elle tenta de se relever, mais on lui frappa la cheville, elle retomba sur le sol et reçu une pluie de coups.

    Enfin, elles s’arrêtèrent et l’une d’entre elle l’attrapa par les cheveux pour la forcer à la regarder

    -                Ce n’est pas une gamine comme toi qui va nous voler Oda-kun ! dit elle, ceci n’était qu’un avertissement, si tu tiens à la vie, je te conseilles de te tenir à l’écart de lui !

     

    Puis, elles s’en allèrent, en la laissant ainsi, allongée au milieu de la salle, le corps tremblant.

    Elle se leva, le corps douloureux et marcha d’un pas titubant jusqu’à la sortie.

    Elle s’efforça de ne pas boiter, essuya ses larmes et alla chercher ses baguettes dans son sac avant d’aller rejoindre Oda.

    -                Tu en as mit du…

    Il écarquilla les yeux et fit tomber les canettes.

    -                Qu’es ce qu’il t’es arrivé ? s’exclama t-il en se précipitant vers elle

    -                Rien, pourquoi ? dit elle en souriant

    -                Comment ça rien ? Tu as le visage en sang et plein de bleus!

    Elle vit alors son reflet à travers la vitre 

    Elle saignait sur le front et la tempe, et sa mâchoire était toute bleue, presque noire.

    -                Oh ça c’est rien du tout ! dit elle, en souriant toujours malgré sa douleur à la mâchoire, je suis tombé dans les escaliers

    -                Idiote ! Tu ne pouvais pas faire attention ?

    -                Mais ça va, je n’ai pas mal !

     

    Il l’a força à aller à l’infirmerie et l’a soigna de lui-même car l’infirmière était en pause déjeuner.

    -                Tu t’es pas raté, idiote ! pesta t-il

    -                Désolée…

    Elle grimaça lorsqu’il lui désinfecta la plaie.

    Un long silence passa et Oda se mit à fixer plus intensément ses blessures avant de s’immobiliser…

    -                Minami !

    -                Oui ? sursauta t-elle

    -                Tu me prends pour un idiot ?

    Elle sentit son cœur manquer un battement et s’efforca de sourire.

    -                Pourquoi tu dis ça ?

    -                Je me bagarre depuis que je suis gosse, je sais faire la différence entre un coup reçu et une chute dans un escalier !

    Elle pâlit

    -                Je ne comprend pas, marmonna t-elle

    -                Qui t’a frappé ? s’énerva t-il

    -                Mais personne, enfin…

    -                Ne me ment pas ! explosa t-il

    Elle sursauta et le dévisagea, les larmes aux yeux.

    Il détourna la tête en soupirant et continua à la soigner sans rien dire.

    Puis, il rangea la trousse de secours et referma le placard.

    -                Allez, viens, on a laissé le bentô là haut…soupira t-il

     

     

    Après les cours, Miyako s’empressa de ranger ses affaires et quitta la salle sans attendre Oda.

    Elle ne prit pas le bus non plus, elle décida de rentrer à pied, et ce, malgré sa douleur aux cuisses.

     

    Mais, elle n’avait pas prévu qu’Eiji l’a rattrape en moto.

    -                Pourquoi tu t’es sauvé comme ça ? s’énerva t-il

    -                Pardon mais je…Je voulais rentrer à pied, je voulais…faire un peu d’exercices…ça faisait longtemps que je voulais…

    -                Connerie ! Tu ne me feras pas avaler ça !

    Elle leva ses yeux embués de larmes vers lui et les baissa sur le sol

    -                Pardon…Ne m’en veux pas mais…J’aimerai qu’on mette un peu de …de distance entre toi et moi…

    Il plissa les yeux et l’a regarda en silence.

    Elle renifla et essuya ses larmes avec sa manche, comme une petite fille.

    Oda tiqua et soudain, il fit un bruyant demi tour avec sa moto et repartit dans un crissement de pneu.

    Il était parti avec une telle vitesse qu’il lui avait fait du vent sur le visage.

    -                Mais où est ce qu’il va ? marmonna t-elle

    Enfin, elle repartit en traînant des pieds et rentra chez elle en pleurant contre son écharpe.

     

     

    Le lendemain matin, lorsqu’elle arriva au lycée, elle sentit tout les regards des élèves fixés sur elle.

    Cela l’a mit mal à l’aise.

    Qu’es ce qu’ils ont tous à me regarder comme ça ?

    Elle les voyait discuter entre eux à voix basse en lui lançant des regards à la dérobée.

    -                Miyako ?

    Elle sursauta et vit Motoko et Karin la regarder d’un air un peu contrarié.

    -                Comment tu as fait ça ? fit Motoko

    -                Quoi donc ?

    -                Tu n’es pas au courrant de ce qu’il s’est passé hier ?

    Miyako les regarda d’un air interrogateur.

    -                De quoi vous parlez ?

    -                Oda-kun est allé devant les arrêts de bus où les élèves attendaient, il a freiné brutalement avec sa moto et il s’est levé en jetant son casque, il était fou de rage ! fit Karin

    -                Il a été voir son fan club, continua Motoko, il a engueulé les filles et les a insulté de tout les noms en disant qu’il savait très bien que c’était elles qui t’avaient frappé !

    -                On voyait qu’il enrageait de pas pouvoir frapper des filles ! ajouta Karin

    -                Et après, il y a deux garçons qui sont intervenus, c’étaient les petits copains de deux des filles aparamment

    -                Du coup, ce sont eux qui ont tout prit, les pauvres, il les a pas raté.

    -                Après il a menacé tout le monde en disant que si jamais quelqu’un osait une nouvelle fois toucher à un seul de tes cheveux, il le tuerait de ses mains, garçon comme fille !

    -                T’as vraiment de la chance ! soupira Karin d’une voix rêveuse

    Miyako les regardait, complètement abasourdie, les jours rouges comme une tomate.

    Elle se tourna et vit Oda, assit à son bureau, comme d’habitude.

    -                J’arrive pas à croire qu’il ait pu faire une scène pareille, il s’était pourtant tellement assagis, fit Motoko

     

    Il ne croisa pas une seule fois son regard, même durant les pauses.

    Et à l’heure de déjeuner, il alla tout seul sur le toit.

    Elle hésita longuement, puis se décida finalement à le suivre.

     

    Il était accoudé à la rembarde, et regardait la cour d’un regard vide.

    Elle se mit à côté de lui en silence…sans rien dire.

    Un long silence passa et elle s’éclaircit la gorge.

    -                Tu n’étais pas obligé de faire ça…

    Il ne répondit rien

    -                Oda-san ?

    -                Ne fais plus jamais ça !

    -                Quoi ?

    -                Me mentir…

    Il tourna la tête vers elle

    -                Si quelqu’un te fait du mal, je veux que tu me le dises, surtout si ça me concerne ! C’était bien à cause de moi qu’elles t’ont frappé, non ? Alors tu n’avais vraiment pas à me le cacher !

    Elle baissa la tête, un peu honteuse

    -                Pardon, je suis désolée, murmura t-elle

    Il soupira et reporta son attention sur la vue

    -                J’te jure, t’es pas possible, toi ! dit il en se redressant

    -                Je suis désolée, répéta t-elle

    Là, le dos de leurs mains se frôlèrent.

    Miyako rougit mais ne se dégagea pas, et lui non plus…

    Ils restèrent ainsi un instant et Eiji tourna la paume pour lui prendre la main.

    La jeune fille sentit son cœur s’affoler et fondre délicieusement dans sa poitrine au contact de la main chaude d’Eiji…

    -                Tu es glacée, murmura t-il, tu devrai rentrer à l’intérieur.

    Elle secoua la tête et chuchota, la tête baissée et le visage rouge :

    -                Je veux…rester avec toi

    Il tressaillit et détourna la tête en lachant sa main.

    Un long silence s’écoula, Miyako se sentait honteuse, elle n’en revenait pas d’avoir dit cela…

    -                Viens, dit il

    Elle le regarda et vit qu’il avait ouvert son manteau et qu’il lui ouvrait les bras pour l’inviter à s’engouffrer dans sa chaleur.

    Elle rougit sans bouger, il soupira, lui prit le poignet et l’a forca à venir se rechauffer contre lui.

    Le cœur de Miyako s’affola, elle sentait son odeur, sa chaleur, ses bras puissants contre elle…

     

    Elle rougit, un doux sourire se dessina sur ses lèvres et elle glissa ses mains autour de sa taille pour le serrer contre elle. Elle le sentis alors se raidir légèrement, comme si elle l’avait surpris, et entendit à son oreille, les battements du cœur d’Eiji s’accélérer…

    Puis, il resserra son étreinte et mit sa tête contre la sienne…

     

     

     

     

     


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    Chapitre 1

     

     

    Dans un des nombreux bus circulant dans la ville de Tokyo, partagée entre l’excitation et la peur de l’inconnu, Miyako Minami, se tortillait sur son siège.

    C’était enfin, son premier jour en tant que lycéenne, elle avait attendu ce moment toute sa vie.

     

    Elle se mit à sourire toute seule, sans faire attention aux autres passagers qui la regardaient étrangement et descendit du bus d’un pas léger.

    Miyako était la joie de vivre incarnée, au grand damne de sa mère qui considérait cet attrait comme le pire de ses défauts.

     

    Miyako était une jeune fille plutôt petite, comparé aux autres jeunes filles de son âge.

    Elle avait de grands yeux marron, vifs, expressifs et curieux ; attachait toujours ses cheveux sur le côté en un épais chignon faussement négligé et ne se maquillait jamais non plus.

    Elle avait essayé, mais, se trouvant ridicule, elle s’était empressée de s’en débarrasser.

     

    Miyako n’était pas d’une beauté renversante, elle était simplement mignonne, et littéralement adorable lorsqu’elle souriait, de ce sourire si chaleureux et naïf.

     

    En arrivant au lycée, elle contempla l’établissement d’un regard émerveillé.

    Jamais elle n’avait vu une école aussi grande…ni autant de gens.

    Elle se sentit un peu complexé en voyant toutes ces jeunes filles plus grandes et plus charismatiques qu’elle.

     

    Enfin, après avoir vu dans quelle classe elle était, elle se dirigea vers la salle affichée.

    La sonnerie retentit, la faisant sursauter.

    Je suis en retard !

    Elle se mit à courir aussi vite que le pouvaient ses jambes et à l’instant où elle vit la salle, elle buta contre un dos solide et tomba sur le sol.

    • Tu pouvais pas faire attention ?

    Elle frotta son dos endolori en se relevant et s’inclina

    • Pardon, je suis vraiment désolée mais j’étais…

    Lorsqu’elle leva les yeux vers lui, elle perdit ses mots…

    Où ? Elle n’en savait rien, elle ne savait même plus pourquoi elle était là, ni où…

    Elle avait même oublié son propre nom…

    Tout ce qu’elle savait…Tout ce qu’elle voyait, c’était ce garçon…Grand…Il lui paraissait gigantesque.

    Son regard était indifférent, presque froid.

    Sa chevelure noire et légèrement ondulée lui tombait sur la nuque et lui cachait un peu la vue…

    Et il y avait aussi autre chose…Quelque chose d’indéchiffrable…

    Quelque chose qui émanait naturellement de lui. Etais-ce se que l’on appelait « le charme » ?

    Elle l’ignorait également, et d’ailleurs, cela n’avait pas d’importance, tout ce qu’elle sentait, tout ce qu’elle entendait…C’était son cœur qui battait à un rythme effréné.

    Mais cela ne l’effraya pas, elle ne se posa aucune question, tout ce qu’elle voulait, c’était que cette sensation reste…Qu’elle continue…Qu’elle ne s’arrête pas…

    • Hey ho, t’es sourde ou quoi ?

    Elle cligna des yeux.

    • Tu pouvais pas faire gaffe ?

    • Je suis désolée ! s’exclama t-elle, quand j’ai entendu la sonnerie, j’ai un peu paniqué, pardon !

    Elle s’inclina profondément et vit qu’il tournait les talons.

    Elle releva la tête.

    Il se dirigeait vers sa salle…

    Il est dans ma classe ?

    Elle mit sa main sur son cœur, troublée par ce qu’il venait de se passer.

    Elle avait lut beaucoup de mangas, elle était donc à peu près au courrant de ce genre de réaction, même si ce n’était que le côté théorique…

     

    Soudain, la deuxième et dernière sonnerie retentit, elle sursauta et se précipita dans la salle de classe.

    Instinctivement, elle le chercha et le vit s’asseoir au troisième rang.

    Placés par ordre alphabétique, Miyako se retrouva au sixième rang dans la rangée voisine de la sienne.

    La matinée s’écoula très vite, car le professeur avait fait un discours sur l’importance des études.

    La majorité de la classe rêvassait en regardant l’heure, mais Miyako vit la sonnerie arriver très vite.

     

    A l’heure de déjeuner, elle décida de visiter l’établissement, impatiente de découvrir ses moindres recoins.

    Lorsqu’elle arriva derrière, dans un coin désert avec un petit bois, elle entendit des voix.

     

    Curieuse, elle s’approcha et vit avec horreur un grand brun agresser un jeune homme. Il le tenait par le col en le menaçant.

    Miyako se précipita vers eux.

    • Non, je vous en prie, laissez le ! s’écria t-elle

    Ils tournèrent la tête vers elle

    • Sil vous plait, ne lui faites pas de mal ! En échange, je vous donne mon bentô ! cria t-elle en lui tendant son panier repas

    • Mais je m’en fous de ton bentô, dit il égaré

    Sa victime en profita pour se sauver en courrant.

    Le grand brun le regarda partir, et se tourna vers elle d’un air furieux

    • Non mais de quoi tu te mêles, toi ?

    Elle écarquilla les yeux et son cœur bondit hors de sa poitrine.

    C’était le beau garçon de tout à l’heure !

    • Je suis désolée ! s’exclama t-elle en s’inclinant, mais il semblait avoir très peur alors…

    • C’était le but ! s’écria t-il

    • Pardon ! Tenez, prenez mon bentô !

    • Je m’en fous de ton bentô ! râla t-il, bouffes le !

    • Mais pourquoi avez-vous fait ça ? C’est mal

    • Ça ne te concerne pas ! dit il en s’asseya contre l’arbre, bon fout moi la paix maintenant !

    • Je suis désolé, je vous ai contrarié ! Tenez, agressez moi si vous voulez ! dit elle en se laissant tomber sur les genoux pour être à sa hauteur

    • Quoi ?

    Il l’a dévisagea comme s’il croyait avoir mal entendu

    • Vous avez fait ça pour vous détendre je pense, et bien, agressez moi à la place !

     

    Non mais d’où elle sort cette folle ? pensa t-il

    • Allez y, frappez moi ! insista t-elle

    • Si je dois t’agresser, c’est autre chose que je te ferai, dit il d’une voix pleine de sous entendu, mais les gamines ne m’ont jamais intéressé.

    Elle le regarda d’un air interrogateur…

    Elle n’a pas capté…

    Il l’a dévisagea sans rien dire et soupira

    En remarque, avec une tête de bébé pareille, c’est pas étonnant

    • Laisses tomber, marmonna t-il en détournant la tête, bon vas t’en, je veux être tranquille

    • Vous ne voulez toujours pas de mon bentô ?

    • Mais arrêtes avec ça ! explosa t-il, j’en veux pas !

    • Pardon, je suis désolé ! paniqua t-elle en s’inclinant précipitamment

     

     

    Lorsqu’elle retourna en salle de classe, elle se mit à déjeuner avec des camarades, Motoko, une grande brune aux cheveux courts et Karin, plus petite avec des cheveux décolorés.

    Elle leur parla du fameux garçon grognon.

    • Oh, celui là, cherches pas, lui dit Motoko, c’est Eiji Oda, ce n’est qu’un coureur de jupon violent qui cherche toujours la bagarre où qu’il aille ! Tu me donnes un peu de ça ?

    Miyako lui tendit son bentô, prit un air songeur et regarda les deux jeunes filles à tour de rôle.

    • Alors il est toujours comme ça ?

    • Ça oui, toujours ! Méfie toi de lui comme de la peste, c’est un vrai démon, il frappe des mecs qui ne lui ont rien fait, il drague des filles et les rejette une fois qu’il a eu ce qu’il voulait…C’est la pire des ordures que la terre n’ait jamais porté !

    Soudain, « la pire des ordures » en question entra dans la classe, et s’avança jusqu’à son bureau en s’y affalant négligemment.

    Motoko et Karin le regardèrent en bavant dans leurs bentôs

    • Mais il est trop beau, il peut tout se permettre, ajouta Motoko d’une voix rêveuse

    Miyako les regardait d’un air un peu perdue et tourna les yeux vers Eiji Oda qui mâchait un chewing-gum, les yeux perdus dans le vague.

    Se sentant observé, il tourna la tête vers le trio, Motoko et Karin cessèrent aussitôt de baver et fixèrent leurs bentôs comme si le mystère de la vie était expliqué dedans. Miyako ne détourna pas le regard, elle lui sourit et lui fit signe de la main, il n’y répondit pas et détourna la tête.

    Miyako ne voulait pas croire qu’il était mauvais, c’était peut être une sorte de masque pour ne pas voir les autres l’approcher.

     

    Elle vit alors, le professeur arriver, chacun regagna sa place et le cours commença.

    Miyako observait Eiji à la dérobée qui était assit au troisième rang, et remarqua qu’il était le seul à ne pas être assit correctement.

    Le professeur le lui fit d’ailleurs remarquer, alors, il se redressa, et une fois que le professeur reprit le cours, il se remit comme il était, ce qui provoqua des rires discrets dans la classe.

    Surtout lorsqu’il enleva son chewing-gum pour le coller sous la table.

     

    Miyako réalisait à quel point il avait du succès, les filles ne cessaient de le regarder, que ce soit en classe ou dans les couloirs par où il passaient.

    Je vois, je ne suis donc pas la seule, songea t-elle en rougissant

    Un fan club de cinq filles le regardait par la fenêtre alors qu’il marchait dans la cour, et elle fut surprise d’entendre les jeunes filles parler de lui avec des rimes.

    Elles ont carrément fait une poésie sur lui ? pensa t-elle en souriant, ça doit être son côté un peu bad boy qui les attirent…

     

    A la fin des cours, Miyako reprit le bus pour rentrer chez elle après avoir échangé les numéros de téléphones et adresses e-mail avec ses nouvelles amies.

    - Alors ? Comment s’est passée ta première journée ? Lui demanda son père, ce soir là alors qu’ils étaient à table

    Elle lui fit un grand sourire en prenant son bol de riz

    • Très bien, répondit elle gaiement, le lycée est si grand, j’étais un peu impressionnée en arrivant

    • Tu ne t’es pas perdu en chemin ?

    • Non, le bus s’arrête juste devant le lycée

    • Tu connais des gens dans ta classe ? s’enquit sa mère

    • Non, personne ! Mais ce n’est pas plus mal, ça me permet de rencontrer plein de gens !

    Son chien vint soudain se blottir contre ses genoux et elle lui donna un bout de viande.

     

    Plus tard, elle alla faire ses premiers devoirs de l’année scolaire !

    Elle se mit sur son bureau, toute contente, et ouvrit son livre de mathématiques.

    Elle resta ainsi, un long moment, sans bouger, sans écrire quoi que ce soit, les yeux figés sur l’exercice, puis elle prit un manga dans sa bibliothèque et se mit à le lire.

     

    Une heure plus tard, elle se décida à s’efforcer de comprendre, mais plus elle se forçait, plus elle avait mal au crâne, alors elle finit par bâcler, puis elle fit la rédaction à rendre au professeur de japonais.

     

    Après avoir terminé ses devoirs, elle comprit qu’elle allait avoir du mal toute l’année avec l’anglais et les mathématiques. De plus, elle savait déjà qu’elle allait être nulle en sport, cela avait toujours été le cas depuis la maternelle.

    Les professeurs disaient qu’elle était trop tête en l’air et maladroite et cela n’avait guère changé avec le temps.

     

    Le lendemain matin, lorsqu’elle arriva en salle de classe, les cours n’avaient pas encore commencé.

    • Tu as fait les devoirs, hier ? lui demanda Motoko

    • Oui, j’ai eu beaucoup de mal d’ailleurs avec les maths !

    • Ah moi aussi, j’ai même eu tellement de mal que je n’ai pas eu le temps de faire la rédaction, tu l’as faites toi ?

    • Oui, dit elle joyeusement, je me débrouille bien dans ses matières là, ça rattrape !

    • Tu peux me rendre un service ? dit elle en joignant ses mains en geste de prière, tu peux me donner ta rédaction ? Je l’aurai bien recopié mais une rédaction est sensé être personnelle.

    Miyako l’a dévisagea

    • Mais, si je n’ai rien à rendre au professeur, je vais avoir zéro

    • Je te promets que je te revaudrais ça ! insista t-elle, et en plus puisque tu dis que tu es douée, tu auras largement le temps de rattraper ton zéro.

    Miyako n’eut pas le cœur de refuser, elle aurait été bien égoïste de garder sa copie pour elle toute seule.

    Alors elle l’a lui donna.

    Ce ne fut qu’à cet instant qu’elle remarqua que Eiji Oda les avait observé, et qu’il l’a regardait, l’air de dire :

    « t’es décidément complètement stupide »

    Elle rougit et baissa la tête.

     

    Lorsque le professeur de japonais l’a disputa au sujet de la rédaction qu’elle n’avait pas rendue, elle ne se défendit pas, elle fixait sa table, honteuse…

    Ensuite, il se mit à disputer Oda, mais celui ci regardait en l’air en se grattant l’oreille, ouvertement insolent, ce qui provoqua l’hilarité des élèves.

    Et pendant le cours de maths, le professeur envoya comme par hasard Miyako au tableau corriger les exercices qu’elle avait bâclé la veille, et elle y passa un long moment de solitude…

     

    Ce n’était décidément pas sa journée, songea t-elle en allant respirer sur le toit du lycée.

    Elle remarqua alors qu’elle n’était pas seule.

    Eiji était là aussi, de l’autre côté.

    Elle alla le rejoindre d’un pas hésitant.

    • Bonjour, Oda-san, dit elle en s’inclinant

    • Qu’es ce que tu veux, marmonna t-il sans la regarder

    • (elle tressaillit)Heu…rien de spécial, je voulais seulement vous saluer…

    • Et bien c’est fait.

    • Vous ne déjeunez pas ?

    • J’ai jamais le temps de me faire à bouffer, marmonna t-il

    • Ah ? Vous voulez un peu de mon bentô ?

    • Mais tu vas me lâcher avec ton fichu bentô ? J’en veux pas !

    Elle le regarda, un peu mal à l’aise et s’accouda à la barrière pour regarder la vue avec lui

    • Tu comptes me coller encore longtemps ?

    Elle tressaillit de nouveau et recula, les joues rouges.

    • Excusez moi, je ne voulais pas vous déranger, murmura t-elle tristement avant de tourner les talons, tête baissée

    Il tourna la tête vers elle, l’a regarda s’éloigner et mit sa main sur son visage avant de la passer dans ses cheveux, en soupirant d’un air las.

     

     

    Miyako ouvrit son casier en soupirant, elle s’en voulait d’avoir importuné Oda-san, heureusement qu’elle n’avait pas pleuré devant lui, cela aurait doublé sa contrariété.

    Elle prit son manuel, et referma le casier avant de se diriger vers sa salle de classe.

     

    *

     

    Miyako passait la majorité des cours à regarder Oda-san.

    Elle était émerveillée chaque fois qu’elle le regardait…

    Le moindre de ses mouvements était fluide et masculin. Elle remarqua qu’il s’affalait beaucoup sur la table, surtout après avoir longuement baillé.

    Il ne notait rien, on voyait sans peine qu’il venait en cours par obligation et non par amour pour les études.

     

    A la sonnerie, il se leva et sortit les mains dans les poches.

    Elle sortit son bentô de son sac et l’ouvrit.

    Elle pensa soudain à son manuel qu’elle avait laissé dans son casier, par peur de l’oublier, elle rangea son bentô et sortit à pas de course.

    - Tu veux dire que tu t’es fichu de moi ? Retentit une voix de fille

    Miyako sursauta et vit un couple du coin de l’œil, elle s’adossa au mur par discrétion.

    - Tu as seulement fait ça pour t’amuser ?

    Miyako jeta un œil dans la salle et vit Oda avec une très belle jeune fille aux cheveux dégradés et au maquillage impeccable.

    • On ne s’est sans doute pas compris, dit il les mains dans les poches sans la regarder, je t’ai jamais rien promis.

    • Mais tu es vraiment une ordure ! explosa t-elle

    • Appelles moi comme tu veux, si ça peut te soulager, dit il d’une voix indifférente

    La jeune fille lui mit une gifle retentissante et partit en courrant.

    Elle passa devant Miyako sans la voir.

    Celle-ci se redressa et voulut repartir mais Oda passa à ce moment là.

    Elle le dévisagea, et il repartit sans se retourner.

     

    Cette scène l’a perturba, elle se demandait ce qu’avait put bien faire Oda pour mériter une gifle pareille. Elle savait que cela ne l’a concernait pas, qu’elle n’avait pas été très correcte en écoutant leur dispute mais elle n’avait pas put s’en empêcher.

     

    Elle y repensa également ce soir là en se couchant…

     

    Le lendemain, en le voyant, elle sentit son cœur battre un peu plus fort que d’habitude, elle ne cherchait pas à se ressaisir, elle aimait cette sensation un peu douloureuse.

    Ces palpitations l’a rendaient heureuse.

     

    Dans la matinée, elle entendit une rumeur circuler sur Oda comme quoi il avait monter deux amies l’une contre l’autre, en allant les fréquenter en même temps, sans en avoir parlé à l’une ni à l’autre.

     

    Elle entendit également une rumeur comme quoi il avait profité des sentiments d’une fille pour lui faire des choses dans les bois.

    • Ce type n’a vraiment pas de cœur, lui dit une camarade alors qu’elles voyaient une jeune fille pleurer

    • C’est à cause de lui qu’elle est dans cet état ? fit Miyako

    • Bien sûr, il parait que quand elle lui a avoué ses sentiments, il l’a tripoté ! Comme elle l’aime, elle l’a laissé faire et puis d’un coup il s’est arrêté et il est reparti en lui lançant un regard indifférent.

    Miyako regarda la jeune fille en larme, et ressentit un pincement au cœur.

    Il y avait forcément une raison pour qu’il soit aussi mesquin avec les gens…

     

    Plus tard, elle le vit sur le toit regarder la vue, le regard vague.

    • Oda-san ?

    Il ne se donna même pas la peine de se retourner vers elle…

    Elle s’avança vers lui mais n’osa pas l’approcher à plus de deux mètres.

    • Pourquoi faite vous tout ça ?

    • De quoi tu parles toi encore ? marmonna t-il

    • Beaucoup de filles vous aiment ! Et vous leur brisez le cœur…

    Il se retourna et s’adossa à la rambarde

    • Elles n’aiment que ce qu’elles voient, elles me jugent sur mon physique et se créent l’image qu’elles veulent que je sois. Et bien non, je ne suis pas un gars bien, maintenant elles le savent !

    Il voulut reporter son attention sur la vue mais elle s’exclama vivement :

    • Non c’est faux ! Je sais que c’est faux ! Vous faites tout ça pour qu’on croie que vous êtes mauvais, mais je sais que vous êtes quelqu’un de bien !

    Il l’a regarda et sourit

    • Je vois, toi aussi tu t’es créé une image de moi, compte sur moi pour te la corriger !

    Il l’attrapa brusquement par le bras et l’attira à lui.

    Surprise, elle se figea lorsqu’il posa les mains sur ses hanches en faisant glisser sa langue sur sa nuque.

    • Mais qu’es ce que vous faites ? s’exclama t’elle en rougissant

    • Laisses toi faire, tu vas aimer, susurra t il à son oreille d’une voix qu’elle ne lui connaissait pas

    Il l’a renversa sur le sol et s’allongea sur elle en faisant glisser sa main le long de sa cuisse.

    Soudain, il s’arrêta.

    Elle avait les poings contre ses joues, les yeux apeurés, tout son corps tremblait et elle pleurait…

    Elle ne cherchait même pas à se défendre.

    Il resta là, au dessus d’elle à la regarder, sans bouger.

    • Je sais que vous n’êtes pas comme ça, pleura t-elle doucement, vous êtes quelqu’un de très gentil, je le sais… Ce que je ne sais pas, c’est …C’est pourquoi vous essayez de prouver le contraire autour de vous…Je ne comprends pas…

    Elle cacha ses yeux alors que les sanglots s’échappaient de sa gorge, Oda la regarda, le regard perdu et se releva.

    Elle ouvrit les yeux et le vit repartir sans se retourner…

    Miyako regarda vers l’endroit où il avait disparu et essuya ses larmes, elle n’était pas triste pour elle mais pour lui.

    Il devait être tellement triste et blessé à l’intérieur pour faire des choses pareilles.

    Elle mit sa main sur sa nuque, à l’endroit précis où il avait mit sa langue et frissonna.

     

     

    A la fin de la journée, ce fut avec soulagement qu’elle franchit la porte de sa maison.

    Elle fit ses devoirs et mit énormément de temps à faire son anglais, car elle avait beaucoup de mal pour les notions de grammaires.

    Et lorsqu’elle alla se coucher, elle pensa à Eiji Oda, pour ne pas changer…

     

     

     

     

     

     

    Le lendemain, en arrivant en cours, Motoko lui fit un grand sourire.

    • Merci beaucoup Miyako, pour la rédaction, t’es vraiment une amie, j’ai eu une bonne note !

    • Oh mais je t’en prie, répondit elle gaiement, je suis contente que ça t’ai rendu service !

    • Justement, en parlant de service, tu peux m’en rendre un autre ?

    • Bien sûr !

    • Es ce que tu peux me passer tes exercices d’anglais ?

    Miyako n’eut une nouvelle fois pas le cœur de refuser, alors elle sortit le devoir de son sac et le lui donna.

    Mais quelqu’un derrière Miyako tendit le bras au dessus de sa tête et récupéra violemment la feuille de la poigne de Motoko.

    Elle se retourna et un grand sourire éclaira le visage de Miyako.

    • Oda-san ! s’exclama t-elle joyeusement, comment allez vous ?

    • Arrête de me vouvoyer toi ! râla t-il, On a le même âge, je te signale !

    • Pardon...Oh, vous…Heu, tu veux aussi mon devoir d’anglais ?

    Sans répondre, il reposa le devoir sur la table de Miyako et regarda Motoko avec une lueur si menaçante dans le regard qu’elle changea de couleur aussitôt.

    • Bah, qu’es ce qu’il t’arrive, Motoko? Tu es toute blanche… fit Miyako

    • Heu non non tout va bien, heu… tout compte fait, je vais me débrouiller pour l’anglais, ne t’inquiète pas ! Merci quand même ! dit elle avant de se sauver à grands pas

    Miyako l’a regarda partir, l’air égarée et se retourna vers Oda, mais il avait déjà tourné les talons et se dirigeait vers sa place.

     

    Plus tard, se fut Motoko qui passa un mauvais quart d’heure avec le professeur, ainsi que Oda, mais celui-ci semblait s’en moquer royalement.

     

    Miyako ne comprit pas vraiment pourquoi il s’était interposé. Savait il qu’elle était nulle en anglais ? Voulait il épargner à Motoko l’humiliation de rendre une copie bourrée de fautes ?

    Elle en était certaine ! Elle n’avait plus aucun doute ! Oda était vraiment gentil ! Il pensait aux autres, la preuve, il avait empêché Motoko de commettre une erreur !

    Elle sourit, heureuse de ne pas s’être trompé à son sujet.

     

     

    Plus tard, à l’heure de déjeuner, Miyako mangeait seule sur le toit lorsque Oda arriva, les mains dans les poches.

    En l’a voyant il détourna les yeux et alla regarder la vue.

    Elle le regarda discrètement et remarqua à quel point il était grand. Son regard était à la fois dur et rêveur et ses épaules étaient assez larges pour son âge.

    Il était beau, vraiment beau…Elle comprenait pourquoi il fascinait autant de filles.

    • Tu veux bien arrêter de me fixer ? ça me gave, dit il sans pourtant avoir jeter le moindre regard vers elle

    Elle tressaillit et détourna la tête

    • Pardon, je suis désolée !

    Sans qu’elle n’ait contrôlé quoi que ce soit, elle prit son bentô, le tendit vers lui et dit :

    • Tu veux un peu de…

    Elle s’arrêta brusquement en se rappelant qu’il s’énervait à chaque fois qu’elle le lui proposait.

    • Heu non rien, désolé, dit elle en baissant la tête

    Il tourna les yeux vers elle, soupira, se mit accroupit et lui prit un beignet de crevette.

    • Voilà, je t’en prends un, dit-il, l’air gêné, t’es contente ?

    Elle rougit aussitôt et le regarda, les yeux ronds comme des billes.

     

    Puis, elle lui fit un grand sourire et il détourna aussitôt la tête avant de se relever et de retourner regarder la vue.

    Un long silence s’écoula, Miyako voulait discuter avec lui mais elle craignait de l’importuner.

    • Minami ? dit il

    Elle tressaillit et leva la tête vers lui

    • O…Oui ?

    • Tu ne devrais pas donner tes trucs aux gens comme ça à tout bout de champs…que ce soit tes devoirs ou le reste.

    • Pourquoi ?

    • Parce que les gens profitent des filles comme toi !

    Elle plissa les sourcils, l’air songeur et lui fit un grand sourire

    • C’est gentil de t’inquiéter pour moi, mais je ne donne que le minimum et puis ça me fait plaisir !

    Il se tourna vers elle et appuya son coude contre la rambarde

    • J’ai jamais dit que je m’inquiétais pour toi, je te mets juste en garde, c’est tout, tu crois que les gens sont tes amis mais ils profitent de toi parce qu’ils savent très bien que tu es incapable de dire non

    • Je suis sure que tu te trompes, dit elle en lui souriant, tout le monde est si gentil avec moi, pourquoi ne le leur rendrai-je pas en leur rendant service ? ça ne coûte rien !

    Il l’a dévisagea, soupira et se retourna vers la vue

    • D’où tu sors ? marmonna t-il

    Un silence s’écoula. Il tourna les yeux vers elle et elle lui fit un sourire. Il détourna la tête.

    • Et arrêtes de sourire comme ça comme une idiote à tout le monde, pesta t-il, ça te donnes l’air encore plus idiote que tu ne l’ai déjà !

    • Pardon ! dit elle en baissant la tête

    Il l’a regarda, soupira et se laissa tomber à côté d’elle.

    Elle tourna la tête vers lui et lui sourit, comme si elle avait déjà oublié ce qu’il venait de lui reprocher, il détourna la tête, fixa le sol, et pour la première fois, elle vit un doux sourire éclairer son visage.

    Elle sentit alors son propre cœur manquer un battement.

    Il s’éclaircit la gorge, comme s’il allait dire quelque chose et soupira.

    Enfin, sans la regarder dans les yeux, il murmura :

    • C’est toi qui as fait les beignets de crevettes ?

    • Oui, répondit elle, gênée, j’ai encore mit trop d’huile je sais mais…

    • Je peux en ravoir ? la coupa t-il, embarrassé

    Elle rougit, un grand sourire éclaira le visage de Miyako et elle lui tendit son bentô…

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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